Le sit-in de la Coalition Article 64 (C64), prévu ce vendredi 12 juin devant le Palais du Peuple, a été violemment réprimé par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) ainsi que par d’autres forces régulières déployées pour l’occasion, avant même sa tenue.
La Police nationale congolaise (PNC), se muant en vecteur de barbarie, et agissant en complicité avec la milice « Force du Progrès » de l’UDPS-Tshisekedi, parti au pouvoir, a occasionné d’importants dégâts humains et matériels. Le bilan provisoire fait état de plus d’une centaine de militants grièvement blessés, de deux morts ainsi que du vandalisme des sièges de l’ECiDé, d’ENVOL et d’ADD Congo.
Par ailleurs, plusieurs figures de l’opposition présentes lors de cette manifestation pacifique ont été atteintes dans leur intégrité physique. L’honorable Ados Ndombasi s’en sort avec 37 points de suture, deux fractures au pied droit et une brûlure à l’avant-pied. Les présidents Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund ont également été victimes de violences au cours de cette répression.
Lors d’une réunion technique tenue avec le gouverneur de la ville de Kinshasa un jour avant en fin d’après-midi, les membres de la C64 avaient pourtant exposé les motivations de cette manifestation pacifique devant le Palais du Peuple. Alors que le gouverneur invoquait l’inviolabilité du site et proposait de délocaliser l’activité au terrain Assossa, dans la commune de Ngiri-Ngiri, la coalition maintenait sa volonté de faire une déclaration à proximité du siège du Parlement afin d’interpeller les représentants du peuple.
Précisons que le sit-in de la C64 du vendredi 12 juin 2026 s’inscrit dans une série d’activités lancées par la coalition pour protester contre la proposition de loi portant organisation du référendum, actuellement en seconde lecture au Sénat.
Cette initiative du député national Paul-Gaspard Ngondankoy suscite une vive controverse au sein de l’opinion nationale et internationale. En effet, elle ouvre la voie à un projet de troisième mandat en faveur de Félix Tshisekedi, alors que celui-ci exerce actuellement son second mandat.
Des voix s’élèvent pour condamner les violences et réclamer des enquêtes
Les actes d’extrême violence perpétrés contre les figures majeures de l’opposition et les militants présents lors du sit-in, par des éléments de la Police nationale congolaise agissant en complicité avec « Force du Progrès », branche de l’UDPS-Tshisekedi, parti au pouvoir, ont suscité une vague d’indignation tant au niveau national qu’international.
Maxime Prévot, vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes et de la Coopération au développement, a fermement condamné ces violences sur son compte X :
« Les troubles d’hier à Kinshasa sont interpellants. Les débordements violents, l’usage excessif de la force qui aurait entraîné jusqu’à la perte de vies humaines et le saccage de sièges de partis n’ont pas leur place en démocratie. La liberté de manifester pacifiquement son opposition est un principe essentiel, dans le respect des lois de la République. Nous prenons note avec satisfaction de l’enquête annoncée et espérons que les autorités pourront faire toute la lumière sur le déroulement des événements ainsi que sur les responsabilités des auteurs des violences, d’où qu’elles proviennent. »
De son côté, La Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme, dans un communiqué publié le vendredi 12 juin 2026, a exprimé sa profonde indignation :
« Des images insoutenables de certains responsables de l’opposition couverts de sang après la répression ne contribuent nullement à redorer l’image de la RDC à travers le monde. La VSV regrette que les forces de sécurité aient assisté impuissantes aux actes de vandalisme sans interpeller leurs auteurs. Aucun motif, quel qu’il soit, ne saurait justifier la violation du droit à la vie, les atteintes graves à l’intégrité physique des personnes ainsi que le non-respect du droit à la propriété. »
La VSV a également exigé l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités et de sanctionner les auteurs des actes constitutifs de violations des droits humains.
Dans un communiqué publié le dimanche 14 juin 2026, la C64 a, pour sa part, annoncé son intention de solliciter l’ouverture d’une enquête internationale indépendante, impartiale et crédible afin d’établir les responsabilités, d’identifier les auteurs, les commanditaires et les exécutants des violations commises, et de permettre aux victimes d’obtenir vérité, justice et réparation.

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